L’analyse des aliments pour animaux : une mesure périodique pour assurer le bien-être et la performance des animaux

Faites analyser les aliments que vous donnez à vos animaux. On vous l’a répété maintes fois, mais le faites-vous assez souvent? Jusqu’à un certain point, ce sont les résultats du rapport d’analyse qui vous indiquent la fréquence à laquelle vous devez prélever des échantillons d’aliments destinés aux animaux.

Comparaison entre la spectroscopie proche infrarouge (SPIR) et l’analyse chimique par voie humide

Dans les formulaires de demande d’analyse, vous devez préciser le type d’analyse que vous souhaitez faire effectuer. L’analyse chimique par voie humide et la spectroscopie proche infrarouge (SPIR) sont toutes deux des méthodes couramment utilisées. L’analyse chimique par voie humide permet de mesurer la valeur nutritive à l’aide de la chaleur et de substances chimiques qui dissolvent les fourrages. Par exemple, la fibre au détergent neutre (FDN) est la portion fibreuse qui n’est pas dégradée lorsqu’on fait bouillir l’échantillon dans une solution au pH neutre. On pèse l’échantillon avant et après l’opération, et on calcule la différence de poids. Bien que précise, cette méthode prend du temps et n’est pas aussi économique que la SPIR.

La SPIR permet d’évaluer la valeur nutritive d’un fourrage à l’aide de la réflectance de la lumière, non pas par une méthode chimique mais par réflexion de la lumière et de mesurer les quantités de composés dans un échantillon.  On calcule les teneurs en éléments nutritifs à partir des valeurs de réflectance et au moyen d’équations de calibrage. Ces équations se fondent sur des comparaisons de résultats d’analyses d’échantillons fractionnés par voie humide avec des valeurs de réflectance de la SPIR. Ces équations sont fondées sur des études qui comparent des échantillons fractionnés pour l’analyse par chimie humide avec ceux qui sont analysés par réflectance dans le cadre de la méthode SPIR. Cette méthode est économique, elle donne rapidement des résultats reproductibles et elle n’exige qu’une préparation minimale de l’échantillon au laboratoire, ce qui permet d’envoyer rapidement les résultats d’analyse au client. Cependant si la croissance du fourrage s’est faite dans des conditions qui s’écartent significativement de celles de la série de paramètres d’étalonnage, les résultats de l’analyse SPIR peuvent être moins précis.

Quoi de neuf? 

Dernièrement, le nouvel acronyme aNDFom est apparu dans les mesures de FDN. Cette grandeur diffère de la FDN parce qu’elle exclut les cendres, ce qui en fait une mesure de la « matière organique ». Certains laboratoires donnent des valeurs d’aNDFom, d’autres des valeurs de FDN. On place les échantillons dans un incinérateur et on les porte à une chaleur extrêmement élevée, ce qui ne laisse que des résidus de cendre contenant les minéraux. Après avoir pesé ces résidus, on soustrait leur poids de celui de la portion de FDN, ce qui donne la quantité de FDN « sans cendres», ou aNDFom. Pourquoi cela a-t-il une telle importance? Les mesures de FDN, incluent les résidus de cendres. L’écart entre les valeurs de FDN et d’aNDFom est variable, certains échantillons pouvant contenir davantage de cendres à la suite d’éclaboussures de sol sur les feuilles par temps de pluie, dans les parties du champ exposées aux inondations, ou parce que du sol a été entraîné avec les plantes au moment de la récolte. L’étape supplémentaire nécessaire au calcul d’aNDFom retarde la sortie des résultats, mais elle peut être très utile lorsqu’on souhaite savoir quand évaluer le fourrage.

Toutes ces phases de croissance, de récolte, d’entreposage et d’affouragement s’accompagnent de changements qualitatifs, et vous pouvez faire mesurer la valeur nutritive du fourrage quand bon vous semble. Cependant, faites-le analyser régulièrement pour en tirer le maximum. Une simple analyse peut contribuer grandement à l’amélioration de vos profits nets.

Par:  Anita Heeg, Spécialiste des ingrédients et des sous-produits, alimentation animale/MAAARO